Étude de quelques styles du Flamenco et de leurs compas.
Alegria: chant d'origine Gitane (Cadiz)
Alegria signifie 'Joie', Allégresse. C'est effectivement un chant festif . Il se caractérise par son dynamisme, sa désinvolture et sa grâce. Chaque copla se compose de quatre vers octosyllabiques. C'est un chant qui peut être dansé et il se compose d’une succession de coplas entre lesquelles sont généralement intercalés ce qu’on appelle les 'juguetillos'. Il s’apparente à l’ancienne jota de Cadix. Dans ce chant, on vocalise le traditionnel 'tirititrán' qui, selon Chano Lobato, fut inventé par Ignacio Espeleta lors d’une fête au cours de laquelle il avait oublié les paroles. Parmi les grands interprètes de ce genre, nous citerons Camarón, la Perla, Fosforito, Aurelio Sellés, Pericón de Cadix. La danse se caractérise par un jeu de percussions très prononcé et une partie calme appelée 'silence'. Dans l'accompagnement à la guitare, il se joue en tonalité majeure comme toute la gamme des cantiñas. Dans le cas de l'Alegría, il y a un changement de gamme pour introduire le silencio. Pour la guitare, l'entrée se fait avec cinq rasgueados lents , avec un temps d'attente , puis quelques falsetas pour entrer dans la partie escobilla; celle-ci est maintenue jusqu'à ce que la bailaora fasse la llamada pour fermer. Puis vient le paseillo accompagné de rasgueo qui se termine avec une llamada et, à nouveau, la escobilla et la llamada pour terminer avec la ida de alegrias.
Compás: 1 2 3 4 5 6 7 y 8 9 y 10 11 12
Buleria: origine: Gitane (Granada)
C'est l'un des cantes "festeros ", c'est à dire festifs les plus connus . La bulería est un chant très rythmique; il appelle la danse et s'accompagne depalmas. Il arrive aussi qu'on l'introduise à l'issue d'une Solea . De même que c'est le chant avec lequel s'achève toute fête Flamenca. Il a le même compás que la Solea , mais en beaucoup plus rapide.
Compás: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
ou
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Sevillana: origine de Séville
La sévillana se danse en couple. Le baile est gracieux , plein de vivacité et de dynamisme. Il s' exécute sur une série de 4 coplas, avec, pour chacune d'elle une chorégraphie distincte, avec quelques brèves intervalles de l'une à l'autre. Les mouvements et techniques utilisés sont entre autre les 'paseillos', les 'pasadas', les 'zapateados' et les 'pateos'. Son compás est de 3x4, c'est donc un rythme à trois temps. Le premier est fort, et les autres sont plus légers:
Compás: 1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6
Siguiriya: d'origine Gitane
La seguirilla ou siguiriya appartient au cante jondo. Ce palo est apparue à la fin du 18è siècle, elle est la quintessence du flamenco. C'est un chant qui vient de l'intérieur, du plus profond de soi, de ce cœur d'où jaillissent les sentiments. Sa copla se compose souvent de 3 ou 4 vers. La danse qui l'accompagne est sobre, épurée, pathétique, majestueuse . Le premier bailaor qui défendait ce style fut Vicente Escudero et, plus tard, Pilar Lopez qui introduisit dans ce baile les castagnettes. C'est le baile le plus jondo du flamenco. il exprime toute la tragédie humaine, la solitude, l'angoisse et le désespoir de l'homme. C'est une danse solennelle et sans fioriture.
Compás: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Solea : d'origine Gitane
Palo qui vient du mot " Soledad" qui signifie solitude. C'est le chant basique du Grand Flamenco, " la reine du cante jondo par sa beauté fulgurante" . Elle dépeint des sentiments profonds . La danse qui l'accompagne est superbe; sommet de grâce et d'harmonie, elle est la danse féminine par excellence. C'est le baile le plus approprié pour utiliser des marquages, des figures et des paseillos. Les zapateados et les pateos jouent également un rôle important. Il se distingue des autres palos par la solennité de l'interprétation et par l'importance du sentiment exprimé qui passe en premier plan. Le compás de la solea est un schéma basique de 12 temps du même groupe. Il y a deux formes de marquages:
Compas : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Ou 1 2 3 4 5 6 7 8 9 y 10 11 12
La soléa por buleria est une forme dérivée de la Soléa. Son tempo est cependant plus rapide que celui de la Soleá, et il est systématiquement constant, alors que les interprétations des Soleares sont fréquemment marquées par un rubato plus ou moins prononcé.
Taranta : d'origine Gitane (Almería)
Comme la cartagenera et la minera , la taranta est un chant de la région de Levante. Provenant de la mine, il exprime la résignation et le désespoir des mineurs face à leurs conditions de vie difficiles.
Son compas est le même que celui du tango mais beaucoup plus lent, il peut d'ailleurs se terrminer en tango.
Le taranto est une forme proche de la taranta.
Tangos : d'origine Gitane
L'ancienneté de ce palo remonte aux premières connaissances que l'on a de cet art. Cante dansable dont le berceau se trouve à Séville et Cadix, il est considéré comme l'un des quatre piliers du flamenco. Il n'a aucun lien avec le tango argentin. Sa version lente est appellée 'tiento canastero'. L'accompagnement de la guitare est rythmé et stimulant. Il s'interprète à la danse en suivant le compás avec des mouvements gracieux et sensuels . Son compás est facile à identifier. En effet, le premier est un silence et les temps 2, 3 et 4 se marquent.
Compás: 1 2 3 4 / 1 2 3 4 / 1 2 3 4 / 1 2 3 4
Tientos: Provenance de Cadiz et Séville
Chant dont la copla se compose de 3 ou 4 vers octosyllabes, qui appartient à la famille des tangos. C'est un chant récent, probablement du début du 20è siècle, postérieur au style dont il procède, le tango et avec le même compas que celui-ci, bien que plus lent , solennel et sentencieux. Son premier interprète fut Diego el Marruro. Don Antonio Chacon est l'un des plus anciens diffuseur de ce genre; Manolo Vargas, Antonio Mairena, Pepe de la Matrona, Bernardo de los Lobitos, Manolo Caracol et Terremoto, cultivèrent aussi ce style. Il est interprété par presque tous les cantaores actuels. C'est un palo qui se danse; le précurseur de cette danse est le bailaor Joaquin El Feo. C'est une danse majestueuse, sobre et d'une grande tonalité dramaturgique. Selon la tradition orale, ce fut El Marruro qui configura la danse de ce palo, suivit immédiatement après par El Mellizo qui lui donna sa forme actuelle. La Bailaora Rosa Duran est considérée comme l'une des plus grandes interprètes contemporaines de ce palo.
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